LADYBOYS REVOLUTIONS, de mon meilleur Ami Lionel Corchia,

LADYBOYS REVOLUTIONS

LE GENRE HUMAIN CONTRE TOUTE THEORIE

Des associations militantes thaïlandaises et françaises se battent pour les droits des ladyboys à travers le monde. Un combat sociétaire contre toutes discriminations envers une population cumulant bien souvent les éléments d’exclusions. De nombreux portraits de ladies aux caractères bien trempés se confrontent bien souvent aux stéréotypes d’usages et luttent contre les conventions. Nos articles complets dans le lien « Bonjour Pattaya Magazine » ci-dessous :

Des vies…une lutte

Nombreuses sont les associations qui œuvrent afin d’aider la compréhension de ces communautés à travers des luttent féroces contre leurs discriminations telles que ACCEPTESS-Tsur Paris, Sisters Center à Pattaya, Thai TGA (TransGender Alliance) à Bangkok. Bénéficiant souvent de réputations sulfureuses, les ladyboys ont toujours du mal à trouver leurs places sociétales, cumulant les éléments d’exclusion. Les batailles sont encore nombreuses en Thaïlande, loin des préocupations militantes des gouvernements successifs et systèmes éducatifs hermétiques aux changements. La fondatrice de Thai TGA témoigne : « Il est très long d’éduquer nos proches et politiques afin de changer leurs attitudes selon Kath. Nous sommes souvent considérées dans notre propre pays comme des touristes et non pas des citoyennes à part entière. Je sais bien que les discriminations et violences peuvent être pire ailleurs, mais nos combats se passent surtout ici et aujourd’hui. Nous devons œuvrer pour diffusion de l’information plus importante afin de garantir des lois universelles. Malgré l’acceptation bienveillante du bouddhisme, il reste beaucoup d’hypocrisie de la société envers les ladyboys, loin d’un vivre ensemble national d’apparence. Nous ne désirons pas de privilèges ni n’avons de leçons à donner. Nous voulons juste pouvoir nous réaliser, faire bouger nos dogmes pour enfin posséder des acquis identiques aux autres concitoyens. » Des mots résonnant comme une prémonition, quelques mois avant l’adoption d’une nouvelle loi en Thaïlande pour l’égalité des sexes. L’un des premiers textes anti-discrimination vient d’être voté et sera en application cette année. Le gouvernement a cédé sous la pression d’associations transgenres et d’organisations des droits humains. « Nous pourrons enfin avoir accés à tous restaurants ou discothèques de Bangkok sans risquer d’être refusées à l’entrée, avoir les mêmes droits lors d’un recrutement et nous défendre lors d’une agression due à notre genre » se lâche une militante d’un ton victorieux.

Et dieu créa le troisième sexe … Ou le mythe ladyboy dans le Bouddhisme

Mais parce que l’histoire oublie parfois ses racines, il est à relevé de nombreuses empreintes de leurs passages, du divin au réel à travers le temps et l’espace. Bien loin d’Adam et Eve, il demeure des écrits bouddhistes  basés sur la mythologie Lanna, civilisation du Nord de la Thaïlande, dont le Récit du Pathamamulamuli, la création du monde. Selon ces écrits au commencement était le froid et le chaud. Se nourrissant l’un de l’autre, ils formèrent le vent qui souffla si fort qu’il donna naissance à la terre et à l’eau. Vinrent ensuite les plantes, les arbres et les insectes. De la terre naquit une femme Nang It-Thang Gaïa Sangkasi. Le parfum des fleurs était sa seule nourriture. Mélangeant sa sueur à la glaise, elle moula les animaux qui mangèrent les plantes et se multiplièrent. Du feu et de Gaïa naquit ensuite le premier homme Phou Sangkasi. De l’union de ces éléments, apparurent trois êtres : l’homme, la femme et l’hermaphrodite…nos ancêtres. Une intégration bienveillante mais loin d’être évidente qui peut être expliquée entre autre par ces croyances dans un Royaume essentiellement bouddhiste à 95%.

 

Un passé décomplexé

Les origines sont nombreuses à travers les civilisations du monde entier. Hijra ou Aravani sont des termes utilisés depuis l’Inde Antique pour se référer à toute personne transgenre possédant des rôles bien définis dans la société et la spiritualité hindoue. Les premières nations américaines reconnaissaient déjà l’existence de plus de 2sexes connus sous le nom de berdache, maintenant appelé Deux-Esprits. Au Mexique la culture Zapotèque les intègre aussi sous la forme des Muxes ou sexodiversos dans les cultures d’Amérique latine dont elles font partie intégrante des normes la société. Au début de Medina, les religions islamiques admettaient les variantes de genre dans la forme de laMukhannathun. Dans la Rome antique les Gallae adeptes de la déesse Cybèle pourraient être considérés elles aussi comme transgenres en des termes plus modernes. Des thématiques transgenres largement représentées aussi dans la société antique et la mythologie grecque sous différentes formes, d’Hermaphrodite à Tirésias. Parmi d’anciens peuples Akkadiens du Moyen-Orient, les Salzikrum étaient des personnes ambivalentes qui selon le code d’Hammourabi, avaient les mêmes droits que les prêtresses. Héritage de leurs pères, elles possédaient un rang honorifique supérieur aux autres femmes biologiques. Les Mahus pour les travestis et Rae-rae pour les transgenres possèdent également un statut traditionnel dans les cultures polynésiennes comme les traditions Fa’asamoa, offrant un rôle sociétaire pour les personnes dites Fa’afafine, encouragées dans les familles en cas d’une présence masculine trop importante au sein d’une même fratrie. Une liste non exhaustive tant elle peut avoir de ramifications tendant à prouver que cet être aux mille facettes est loin d’être une invention lubrique du XXème siècle visant à combler les attentes perverses d’hommes en quêtes de nouveaux fantasmes.

 

Portraits en tous genres

Sarina Thai top-model née à Phrae, commença sa transition à 16ans, changeant de sexe 6ans plus tard. « Je voulais plus que tout remplacer ce mauvais corps. J’ai fait mon possible afin de devenir la meilleure dans mes études et ma carrière. Ma famille me soutint dans mes ambitions parfois jugées instables et malgré la situation conservatrice de mon père. J’ai fait de cette chance une force dont je leur suis éternellement reconnaissante. » Elle n’était encore qu’une lycéenne lorsque Sarina décida de se lancer dans l’industrie de la mode. « Je suis allée à l’Ecole de Modèle Yo Yossavadee, prenant conscience de l’importance d’être disciplinée et de prendre soin de moi pour être au top niveau. Tout semblait possible malgré des débuts difficiles qui m’obligèrent à me tourner vers les Etats-Unis où je finis par négliger la problématique de mon genre. A New York tout le monde se concentre sur ce que vous faites oubliant ce que vous êtes. Cette ouverture d’esprit unisexe permit de lancer ma carrière, collectionnant depuis les contrats avec de grands noms du prêt-à-porter et magazines comme Vogue. » Des expériences qui incitèrent de nombreux médias thaïlandais à lui ouvrir leurs studios malgré des premiers accueils distants. Fervente militante de la cause LGBT, un de ses objectifs reste d’aider et représenter la communauté transgenre au-delà des frontières de son pays, « A maintenant 28 ans je suis fière de mon chemin, même si argent et célébrité ne sont pas des réponses au bonheur. S’améliorer et transmettre restent mes objectifs premiers. »

 

C’est dans le Bangkok du début du 20ème siècle qu’est néeNeang il y a de cela 87 ans, danseuse dans le théâtre folklorique khon et créatrice de costumes traditionnels. Une passion qui la mena des festivals locaux aux chaînes de télévisions nationales en marge des usages de l’époque, malgré une éducation hermétique à l’ambivalence de sa sexualité. « Je commençais à m’intéresser à tout ce qui fait partie de l’apanage du sexe opposé, comme la plupart des ladyboys c’est avant l’adolescence que l’on commence à prendre conscience de certaines réalités. » Elle commença dès 13 ans à travailler après ses études élémentaires en tant que comédienne, continuant sa formation artistique au sein de la troupe du Praymongkhon Theater, se produisant sur des scènes comme le Patravadi National Theater de Bangkok durant 50 ans. « Une aubaine qui m’ouvrit les portes de plusieurs séries télévisées. Les productions nous donnant souvent de vieilles robes pour nos représentations, je commençai alors à fabriquer les costumes de la troupe toute entière. Je n’avais pas le loisir de penser à l’amour et il était difficile de vivre une sexualité divergente dans la Thaïlande des années 50. Le jour je vivais en garçon et révélais ma féminité lors de mes interprétations nocturnes. Ce fut dans les années 60, avec l’arrivée des premiers GI américains, que de nombreuses ladyboys essentiellement prostituées firent leurs apparitions, commençant à vivre plus librement leurs diversités. » Etrangère à ce milieu, Neang restait concentrée sur sa production de spectacles classiques et ses jeux d’aiguilles. Elle renonça définitivement à la scène à 70 ans, se consacrant à la confection de ses habits de lumières. C’est dans la maison de sa sœur à Nonthaburi aménagée en atelier qu’elle travaille sur une table basse de fortune où elle passe ses journées sur des ouvrages de commandes. « Je ne m’arrête que lorsque mes yeux fatiguent et continue à subvenir à mes besoins tant que je le peux. C’est beaucoup d’amour que je donne à mes tenues qui contiennent toute une partie de mon âme. La transmission de mon savoir reste aussi une contribution importante. Je veux que me survive l’œuvre de toute une vie et la beauté de ma culture. »

 

Nombre d’exemples nous montrent cette incroyable diversité de ladyboys qui se battent au quotidien afin de faire vivre leurs ambitions dans un pays qui reste un exemple d’intégration malgré les discriminations. Avec plus de 300 000 de ces demoiselles sur le territoire, beaucoup ne choisissent pas les voies de la prostitution comme Toon, cowgirl dans le Ranch Lalita de Muak Lek. Cette jeune recrue de 20 ans travaille depuis toujours à l’expansion de celui-ci. Amoureuse de nature et de culture western, bien loin des attentes de sa génération, elle partage son temps entre la danse country, l’entraînement des chevaux et l’animation des shows. Comme énormément de performeuses, Gyp choisit quant à elle de s’affirmer à travers le Cabaret. Fidèle depuis 5 années au Playhouse Theater de l’Asia Hotel Bangkok, elle ne cesse de rêver à de plus grandes scènes. Une vocation souvent mal récompensée que beaucoup envisagent comme une profession temporaire. Derrière les paillettes et lumières saturées, illusions et sacrifices attendent souvent ces étoiles éphémères. Un chemin de vie que connaît bien Thanya, mais loin des feux de la rampe. Cette jeune chef d’entreprise, forte de ses expériences dans la direction marketing de chaînes hôtelières et du Cabaret Tiffany’s à Pattaya, créa sa propre structure en 2014 :MTF Management & Transgender Modeling Agency. Bien plus qu’une simple agence de spectacles et de mannequinat, elle devient un tremplin identitaire pour de nombreux talents thaïlandais « Je souhaite prouver que toutes les énergies, les beautés et les qualités professionnelles peuvent se retrouver au sein de ma propre communauté. Je veux établir une dynamique à travers des services événementiels originaux mettant en exergue les valeurs des ladyboys. Mes revendications militantes passent avant tout par le travail et la visibilité positive de mes semblables, loin de toute victimisation. Thanya reste en première ligne de cette nouvelle génération de femmes transgenres animées par le besoin de reconnaissance d’une société qu’elle souhaite plus libre, égalitaire et fraternelle.

 

 

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