Comment l’Armée rouge a vaincu l’Allemagne nazie,

La bataille de Berlin se déroula du 16 avril 1945 au 2 mai 1945. Elle opposa ce qui restait des forces du Troisième Reich à l’Armée rougeStaline donna une portée symbolique à ce dernier coup porté au régime nazi, après les lourdes pertes subies par les Soviétiques pour inverser le flux de l’invasion.

 

Zentralbild /SNB Berlin, Juli 1946 Blick vom Platz vor dem Brandenburger Tor auf die Ruine des Reichstagsgebäudes. 5050-50
Zentralbild /SNB
Berlin, Juli 1946
Blick vom Platz vor dem Brandenburger Tor auf die Ruine des Reichstagsgebäudes.
5050-50

L’effondrement du Troisième Reich en 1945[                                                                                                                              Théâtre des opérations,1er mai 1945

Au début de l’année 1945, seule une infime partie de l’Allemagne a été envahie. À l’Est, les Soviétiques sont aux portes de la Prusse-Orientale, devant Varsovie et ont encerclé Budapest. À l’Ouest, les Alliés stationnent devant la ligne Siegfried, protégeant la rive gauche du Rhin, en face de la Belgique et de la Lorraine, et la région de Colmar est encore sous contrôle allemand. Hitler croit encore pouvoir compter sur leswunderwaffen (dont les V1 et V2) pour renverser la situation.

Le 12 janvier 1945, les Soviétiques déclenchent une offensive massive (de la Baltique aux Carpates), sous le commandement des maréchaux Tchernikhovsky (3e Front biélorusse), Rokossovki (2e Front biélorusse), Joukov (1er Front biélorusse) et Koniev(1er Front ukrainien). Staline joue de la compétition entre ces généraux pour leur faire réaliser les avances les plus foudroyantes. En outre les forces allemandes sont concentrées sur le front ouest en raison de la bataille des Ardennes. En dix jours, la Wehrmacht (Groupe d’armées Vistule) est détruite, et l’Armée rouge conquiert l’essentiel de la Pologne d’avant 1939, s’empare des zones industrielles vitales de la Silésie et de la plus grande partie de laPrusse-Orientale, et atteint l’Oder (future frontière germano-polonaise) à Custrin.

Hitler, dont la condition physique s’est considérablement dégradée depuis l’attentat du 20 juillet 1944, ordonne, comme toujours, à ses généraux de ne plus reculer et de contre-attaquer. Ses analyses sont complètement déconnectées de la réalité, il ne paraît pas se rendre compte que chaque armée allemande nominale a en fait tout au plus la valeur combative d’une division. Il se brouille régulièrement avec Heinz Guderian, chef d’état-major pour le front de l’Est qui lui tient tête en vain, jusqu’à son remplacement fin mars par le général Hans Krebs3.

En pénétrant sur le sol allemand, les troupes soviétiques ont propagé la panique parmi les populations allemandes des provinces de l’Est. D’innombrables cas de pillages, de meurtres et de viols collectifs sont rapportés par la propagande de Joseph Goebbels, et ont été plus tard attestés à mots couverts par les archives militaires russes3. Un exode massif draine vers l’Ouest des millions de réfugiés des territoires allemands qui ont déjà été attribués, par les Alliés à la Pologne, à l’Est de la ligne Oder-Neisse. Les pertes civiles sont très importantes, comme lors du torpillage par un sous-marin soviétique du paquebot Wilhelm Gustloff, évacuant des réfugiés par la mer Baltique. Le froid, la famine et les bombardements sont les causes de mortalité les plus fréquentes.

Les réfugiés allemands sont très rarement pris en charge par les autorités nazies. Il se peut que la désorganisation générale et la fuite rapide des plus hauts cadres nazis en soit la principale cause, mais il est également vraisemblable que cela fut une stratégie délibérée pour inciter les soldats allemands à combattre plus énergiquement pour protéger les civils restés sur leur sol natal. Le Führer avait par ailleurs demandé que soit appliquée dans toute l’Allemagne la politique de la terre brûlée, ne pouvant supporter que le sol national allemand tombe dans les mains des Slaves sans qu’il soit retourné à l’âge de la pierre. Il estimait également que le peuple allemand, qui avait échoué dans le dessein qu’il lui vouait, méritait son sort de destruction et s’était, selon plusieurs témoignages, complètement identifié à l’Allemagne, considérant que sa propre disparition était liée à la disparition de son pays. Albert Speer, intime d’Hitler et ministre de l’armement, fit la tournée des Gauleiters pour les inciter à refuser d’obéir aux directives allant dans ce sens.

Goebbels, de plus en plus exposé alors qu’Hitler n’apparaît plus en public, et qui par ailleurs a été nommé commissaire du Reich pour la défense de Berlin, organise les unités du Volkssturm, unités composées des dernières réserves (les hommes les plus âgés ou malades). Les adolescents des Jeunesses hitlériennes sont également intégrés aux forces militaires ; leur fanatisme en fera les combattants les plus motivés de Berlin, mais aussi les plus gravement décimés, la majorité d’entre eux périra. Cependant, la Feldgendarmerie ainsi que les fanatiques de la SS exécutent sommairement de plus en plus de civils et de soldats soupçonnés de désertion, dont un grand nombre de membres du Volkssturm.

En février 1945, les Soviétiques s’emparent de Budapest, durement défendue par les Allemands. Les Alliés à l’Ouest, s’avancent jusqu’au Rhin. Les bombardements stratégiques américanobritanniques continuent à accabler l’Allemagne : du 13 au 15 février, le bombardement de Dresde, ville remplie de réfugiés, cause près de 25 000 morts.

Situation stratégique 

 

En mars 1945, l’Armée rouge conquiert la Poméranie, assiège Königsberg et Breslau, et a établi des têtes de ponts sur la rive occidentale de l’Oder, à moins de 50 kilomètres de Berlin. Cependant, les forces alliées, à l’Ouest, progressent à l’est du Rhin début mars, la IIIe armée de George Patton opère une percée fulgurante en Allemagne centrale. Le 1er avril, le Groupe d’Armée B du maréchal allemand Walter Model est encerclé dans la Ruhr. Les Alliés avancent alors plus rapidement que les Soviétiques. Ils sont susceptibles d’arriver à Berlin ou à Prague avant eux. C’est du reste ce que souhaitent Patton ou Winston Churchill et Bernard Montgomery, qui craignent un futur conflit avec les Soviétiques.

Mais à la conférence de Yalta, en février 1945, les chefs alliés et Staline, fort de son avance en Europe de l’Est et des sacrifices massifs de ses troupes, se sont mis d’accord sur leurs zones d’occupation respectives. Le territoire à l’est de l’Elbe, comprenant Berlin, doit revenir à l’Armée rouge. Le commandant en chef des Alliés, Eisenhower, invoquant les accords et souhaitant épargner les vies américaines (estimant de façon surestimée que poursuivre l’offensive causerait des pertes de 100 000 hommes), arrête l’avancée de ses troupes : elles ne doivent pas dépasser l’Elbe alors que Berlin n’est plus qu’à une centaine de kilomètres. Se posait aussi le problème de la longueur excessive des lignes de communication américaines. En outre les généraux américains ne savaient pas que de nombreux militaires allemands préféraient que Berlin soit prise par les Américains et n’étaient pas loin de céder4.

L’ordre de ne pas passer l’Elbe est donné le 15 avril, soit trois jours après la mort de Roosevelt, alors que des têtes de pont ont déjà été installées et que les chars franchissent le fleuve. Cette décision porte un coup au moral des troupes américaines qui avaient connu jusque-là une avancée fulgurante péniblement contenue par quelques poches de SS4.

Du côté soviétique, Staline avait caché à ses alliés et même à ses commandants que Berlin était son objectif militaire, prétendant que son effort principal porterait sur Dresde vers la mi-mai et que seules des troupes de deuxième ordre seraient dirigées vers Berlin. Staline espérait en réalité dans un premier temps encercler la capitale mi-avril afin d’empêcher toute intervention des Anglais et Américains, puis prendre la ville et mettre la main sur la recherche nucléaire allemande qui y était située5.

La 1re armée américaine de Courtney Hodges et l’armée soviétique de Joukov opèrent leur jonction sur l’Elbe à Torgau, le 25 avril 1945. Les forces allemandes sont coupées en deux. Le 26 avril 1945, les troupes soviétiques s’emparent de l’aéroport de Tempelhof, ce qui prive les troupes allemandes du soutien de la Luftwaffe.

Forces en présence

 

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Membres du Volkssturm armés de Panzerfaust dans les rues de Berlin en mars 1945.

Article détaillé : Ordre de bataille lors de la bataille de Berlin.

 Union soviétique 

Berlin est encerclée par deux groupes d’armées soviétiques : ceux de Joukov (1er front biélorusse) et de Koniev (1er front ukrainien), avec en appui celui de Rokossovki (2e front biélorusse), que la récente prise de Königsberg vient juste de libérer.

 Reich allemand 

Au début de l’offensive soviétique, le Reich dispose de deux Heeresgruppen (groupe d’armées) pour défendre Berlin jusqu’à Prague, et de la garnison de Berlin :

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