L’absence d’Etat est-elle plus à craindre que l’état ?

L’absence d’Etat est-elle plus à craindre que l’état ?

L’Etat a plusieurs significations mais dans le cadre de notre dissertation, l’Etat est en politique est l’ensemble des institutions et de l’autorité souveraine qui dominent un groupe humain. Il est considéré comme une personne juridique et morale, c’est-à-dire qu’il fait des distinctions entre le bien et le mal. D’une part, l’Etat permet de réguler les tensions et contrôler les hommes afin de maintenir l’ordre et la cohésion sociale : cela est primordial dans le cadre d’une vie en société ou les humains sont en rapports. Le groupe d’humain est d’autre part soumis au pouvoir de l’Etat et à ses décisions car celui-ci procure à ce dernier du pouvoir en obéissant et en se soumettant. Ce pouvoir passe notamment à travers les lois. On remarque que des fois l’Etat est au service des intérêts des plus forts, de ceux qui possèdent des richesses. En outre il est souvent moteur de conflit sanglant, par exemple, l’état Romain et ses guerres civiles. Mais en absence de l’Etat, les hommes n’ont plus aucun moyen de contrôler la violence qui nait de l’Etat de nature de l’homme, c’est-à-dire ses intérêts personnels, ses passions, ses désirs : ils deviennent des animaux sauvages ce qui peux créer du chaos. Il convient donc de se poser des questions à ce sujet : L’Etat est-il indispensable ? L’absence d’État pourrait-elle devenir préférable ?

Nous allons concevoir notre réponse en deux parties. Tout d’abord nous verrons que l’Etat peut être plus dangereux et craint que son absence et que des sociétés sans Etats existent, puis, nous expliquerons pourquoi l’Etat peut se révéler nécessaire dans le fonctionnement d’une société ou les hommes vivent dans une harmonie plus ou moins importante.

Premièrement, L’Etat peut être plus à craindre que son absence. En effet, il, et ses institutions, réduit les libertés individuelles des hommes  en les mettant sous contrainte et sous domination.
Tout d’abord, l’Etat et ses institutions mettent en place des règles, des contraintes, c’est-à-dire une condition sociale pour que les hommes puissent vivre en société dans l’harmonie. Pour vivre en société, il faut renonce à toutes libertés individuelles. On agit avec et par la masse et non seul. L’individu se fond avec la masse : Nietzsche affirme que l’Etat est un « monstre froid » car celui-ci pèse énormément sur les libertés individuelles. Du point de vue de l’Etat, l’individu  n’est pas une personne mais un individu obéissant parmi les autres à l’Etat. Ceux-ci doivent intégrer les valeurs, les normes et les conventions fixes par cet Etat. En cela, on peut considérer que l’Etat est à craindre car  autorité provenant de l’extérieur, elle peut donc apparaître comme une contrainte arbitraire qui s’oppose aux désirs de chacun. Cette dimension dangereuse de l’Etat et c’est ce que Nietzsche affirme, a pu être observe au XXème siècle avec les régimes totalitaires comme l’URSS avec son régime communiste et une forte propagande. Ces régimes totalitaires ont pour point commun de modeler le citoyen, c’est-à-dire que le Citoyen pense comme on lui dit qu’il faut qu’il pense. En somme, ces régimes totalitaires ont commis des atrocités et ont que nous ne sommes pas loin d’oublier. Le fait que l’individu n’est rien peut nous faire craindre l’Etat. Rousseau nous dit que l’homme à l’état de nature n’avait aucun besoin de vivre en société : le besoin sépare les hommes plutôt qu’il ne les rassemble, et dans une nature luxuriante et généreuse un seul individu peut parfaitement se suffire à lui-même. (Ex : les anachorètes, les ermites). Donc, les hommes y jouissent d’une liberté « totale » qui n’a pour bornes que les forces de chacun. Qui dit Etat, dit forcément règles communes, donc limitation de la liberté de chacun pour la protection de la force commune. En fait : « Votre différence se réduit à l’insignifiant: vous n’êtes qu’un objet numéroté dans l’espace politique. » Lefebvre, De l’État, explique bien le fait que l’individu n’existe pour l’Etat.

 

Ensuite, l’Etat est un lieu de pouvoir et les gens à la tête de l’état peuvent abuser des pouvoirs qui leurs sont conférés. Nous pouvons donc aussi craindre des abus à la mesure de ce pouvoir transcendant, alors qu’à l’Etat de nature, même si certains sont plus forts que d’autres, personne n’a de force au-dessus et même étrangère aux autres forces. Le pouvoir est en effet corrupteur, c’est un désir que nous avons, et s’il est absolu il est encore plus dangereux. Dans le mythe de Gygès dans la République de Platon : Gygès était un berger qui, après avoir découvert un anneau qui le rendait invisible, a commis des crimes de plus en plus graves ; l’invisibilité peut être vue comme une métaphore de la toute-puissance et de l’impunité. La démocratie parlementaire par exemple a des failles : le peuple élit des représentants qui se réunissent en parlement afin de décider des lois ou de la désignation de responsables politiques. Mais qui dit que les représentants vont défendre les intérêts de ceux qui ont voté pour ceux-ci ? Qui dit que les représentants ne vont pas abuser de leur pouvoir et abuser de la confiance aveugle du peuple ? Ainsi les lois qui passeront seront-elles légitimes, justes selon la volonté du peuple ?  On peut donc comprendre que l’Etat peut être trompeur et dans certains cas abuse de son pouvoir comme dans les monarchies absolus. C’est d’ailleurs pour cela que Montesquieu a insisté sur la séparation du pouvoir  pour préserver la liberté des citoyens. Nietzsche confirme que l’Etat est en effet dangereux pour les peuples : « État? Qu’est-ce, cela? Allons! Ouvrez les oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples. » dans Ainsi parlait Zarathoustra.
Enfin, une société sans Etat peut exister et l’homme pourrait jouir sans aucune contrainte extérieure à lui-même. Si les hommes vivent pour la plupart en société, cela n’en fait pas pour autant une nécessité naturelle. La vie solitaire est parfaitement possible (ex. : les ermites et les anachorètes, qui se retirent délibérément de la société des hommes), et on peut imaginer un état pré-social de l’humanité. Rousseau considère que l’homme n’avait aucun besoin naturel de vivre en société. Les anarchistes disent que l’individu est pourvu d’une valeur souveraine et comme les hommes sont naturellement bons, ils peuvent s’organiser librement en communauté plus ou moins étendue. Or l’Etat en imposant à l’individu une structure qui a pour but de l’étouffer a pour effet de détruire ce mouvement propre à l’homme et donc l’organisation devient souffrance et chaos. Selon la thèse néolibérale, Le rôle de l’Etat doit être le plus limité possible et l’idéal serait qu’il disparaisse ou du moins qu’il se contente d’être une instance de juridiction qui arbitrerait des conflits privés. «Une société est d’autant plus parfaite que l’État s’y occupe de moins de choses. » Renan.
Hobbes nous dit dans le Léviathan que l’homme a besoin d’un Etat et d’un contrat social pour vivre sans s’entretuer. Ainsi, le Léviathan n’est légitime que pour autant qu’il assure la sécurité. Mais l’Etat veut-il toujours notre sécurité ?

Ainsi, l’Etat peut être à craindre lorsque celui-ci entrave nos libertés individuelles qui nous permettent de jouir de notre nature. Forcer les gens à vivre ensemble n’est pas naturelle et qu’elle peut mener des désastres et des conflits d’intérêts : les gens ont des désirs et des passions différentes. De plus, l’Etat peut être tente d’abuser de son pouvoir ce que nous pouvons évidemment craindre, les forts protègeraient les forts et les faibles seraient écrasés. Mais peut-être que l’Etat peut former une société ou les hommes vivent en harmonie car son but principal est de permettre une coexistence et une défense des droits communs.

Deuxièmement, en l’absence d’Etat, les hommes n’ont plus aucun moyen de contrôler la violence qui naît de leurs passions, de leurs désirs. Ils cessent d’être des citoyens policés et deviennent des animaux redoutables. En effet, tout d’abord, l’homme est un être vivant à caractère sociable, ce qui désigne son aptitude à vivre en compagnie d’autrui. Au sens fort, elle affirme qu’un être humain n’est pas fait pour vivre seul. Platon ou Aristote considéraient que ce besoin était naturel et se manifestait de différentes façons : pour assurer sa sécurité et son alimentation, mais aussi parce que l’homme est un être qui parle et qui tire du plaisir de la fréquentation de ses amis, chaque individu doit vivre en société. Epicure disait qu’il n’avait besoin que: « [de l’oignon], du pain de l’eau et un ami » pour  vivre heureux. On peut en outre cite une phrase célèbre d’Aristote : l’homme est, en dehors de la cité (de la société, dans la nature), « soit une bête, soit un Dieu », et non pas un humain normal qui quant à lui est naturellement porté à se rassembler avec les autres.
Ensuite, lorsque l’homme n’est pas sous contrainte d’une autorité supérieure, il se laisse guider par ses désirs individuels ce qui ne mène pas à une coexistence pacifique entre les hommes. Pour Hobbes,  dans l’état de nature règne surtout la violence : c’est l’agressivité qui anime les hommes s’ils se rencontrent : « l’Homme est un loup pour l’homme » (le Citoyen). L’homme y jouit d’une liberté naturelle, il fait ce qu’il veut quand il veut, mais les autres font de même. Il n’y a pas de limite à la barbarie ou aux agressions, si bien que les hommes sont une menace pour les hommes.
C’est ainsi par l’Etat qui impose des droits et des devoirs aux hommes : « chaque particulier ne se réserve qu’autant de liberté qu’il lui en faut pour vivre commodément ». C’est une phrase de Hobbes qui explique qu’à chacun de céder sa liberté naturelle et la remettre dans les mains d’un état de droit (Léviathan). A partir de cela, nait de ce contrat une société ou la notion de droit se traduit par des lois qui limitent les abus et les violences. Celles-ci garantissent paix, douceur de vie et sécurité. Par exemple, dans les sociétés dites primitives comme les tribus en chine à l’époque de Gengis Khan montrent que les différentes tribus s’entretuent et les tribus veulent dominer les autres tribus en utilisant la violence (guerres, pillages, massacres). D’où la nécessité d’une union par l’Etat.
Enfin, la souveraineté de l’Etat n’est pas toujours à craindre. On pense souvent que l’Etat et ceux qui sont à la tête de celui-ci vont abuser du pouvoir que les hommes confèrent en se subordonnant. En effet, la liberté que nous donne l’état de nature est une notion contradictoire à la sécurité donnée par l’Etat. Mais pour Rousseau, l’homme n’a pas pu accepter de sacrifier sa liberté naturelle pour recevoir la sécurité en échange : le « contrat social » implique que chaque citoyen conserve sa liberté à tout prix, même face à l’autorité politique. Donc nous gardons toujours une liberté individuelle dans une société avec un Etat. Dans le cas contraire d’un régime dit absolue, c’est-à-dire une souveraineté qui ne souffre aucune remise en cause, on peut craindre cet Etat, mais pas tous les Etats sont comme ça : la démocratie par exemple. Mais Selon Spinoza, chacun conserve à l’état social le droit naturel qu’il possédait à l’état de nature. Le souverain ne peut pas réellement se livrer arbitrairement à n’importe quelle action : la souveraineté n’ôte pas réellement aux hommes leur puissance et leur droit naturel. Donc malgré cette définition de la souveraineté, l’individu « se réserve une grande part de son droit », et le souverain n’est jamais dans la capacité de devenir cruel ou arbitraire ; ou alors, il risque de provoquer la révolte des assujettis. De plus, si l’on pense que les lois sont faits par les plus forts nous avons tort dit Rousseau car, même si l’homme a besoin d’être lie par des lois, la force ne fait pas le droit : « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre. » (Contrat social). Ainsi,  le droit du plus fort légalise la violence de la domination mais cette violence ne sera jamais légitime. Un plus fort mettra en péril ce dernier. Rousseau pense donc que les lois doivent émanent souvent de la volonté générale dans une société démocratique, et ces lois garantissent la liberté des sujets et donc sont dignes d’être respectées. Par exemple dans les républiques démocratiques de nos jours, le peuple élit son chef et ses représentants à l’assemblée nationale. Le peuple possède un pouvoir politique indéniable et c’est en cela que nous n’avons plus à craindre de l’abus du pouvoir de l’état. On peut former des contre-pouvoirs lorsqu’il est nécessaire.
En conclusion, l’Etat peut être craint car celui-ci est détenteur d’un pouvoir qui peut enfreindre les libertés individuelles et ce pouvoir mènent à des abus. L’homme à l’état de nature jouit de sa liberté individuelle et comme dit Rousseau, l’homme n’a jamais eu l’envie de s’associer aux autres hommes. En assujettissant les hommes, l’Etat possède tout pouvoir sur ceux-ci et en imposant des règles collectives, des droits communs,  notre volonté individuelle est oublie : on se fond dans la masse. Mais dans un monde où la population ne cesse d’augmenter, les terres ne cessent d’être occupées, où la survie dépend de l’économie mondiale, nous avons besoin d’une organisation qui protège notre être, nos droits, notre égalité et de permettre une justice pour assurer notre bien-être. L’Etat permet grâce aux lois et aux droits de créer une coexistence pacifique entre les hommes. Il n’est pas toujours à craindre parce que l’Etat est en effet vivant grâce à la volonté du peuple : il est constitué à partir d’un consentement général et les représentants, les chefs sont élues par ce peuple.

J . Terrenoire 17 ans

Ajout de Hubert de Hautecloque, citations…

Potentiellement, un État est la plus grande menace qui pèse sur les droits de l’homme : il possède en général le monopole  légal de l’usage de la force physique contre des victimes légalement désarmées. Quand son pouvoir n’est ni limité ni restreint par les Droits individuels, l’État est le plus mortel ennemi des hommes.

Ayn Rand ( philosophe rationaliste).

L’Etat, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. Car, aujourd’hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d’autrui. Ce sentiment, on n’ose l’afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s’adresse à l’État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. »

Frederic Bastiat ( économiste, homme politique et polémiste français )

Dans cette crise actuelle, l’État n’est pas la solution à notre problème ; l’État est le problème. De temps en temps nous avons été tentés de croire que la société est devenue trop complexe pour être contrôlée par la discipline de chacun, que le gouvernement par une élite était supérieur au gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Eh bien, si personne parmi nous n’est capable de se gouverner lui-même, alors qui parmi nous a la capacité d’en gouverner un autre ?

Ronald Reagan (est un acteur et homme d’État américain, 40ᵉ président des États-Unis, de 1981 à 1989, 2 mandatures )

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